Architecture

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L’Architecture est le témoignage du temps qui passe.
Le quartier de la goutte d’or est riche en styles architecturaux différents. En se baladant dans la goutte d’or, il est possible d’apercevoir un immeuble haussmannien à deux pas d’un édifice à l’architecture très moderne.

Depuis les années 1980, le quartier de la goutte d’or est classé Zone Urbaine Sensible et devient le théâtre d’un grand mouvement de rénovation urbaine. En effet plus de 280 millions d’euros ont été accordés au quartier pour détruire et reconstruire certaines parcelles. D’autres habitats de la Goutte d’Or furent réaménagés aux normes de sécurité. Ces nouvelles structures sont alors plus modernes et respectueuses de l’environnement.

La rénovation du quartier s’effectue tantôt par des construction dispersées, tantôt par le réaménagement de parcelles importantes, comme on peut le constater rue Emile Duployé.

Petit à petit, le quartier se transforme et ses rues se bordent de bâtiments aux architectures contemporaines audacieuses, colorées et cohérentes avec l’urbanisme local, une évolution que retrace le circuit thématique que nous vous proposons.

Durée : 1h. Distance parcourue : 5km. Accès : Marcadet-Poissonniers ou Barbès-Rochechouart.

Voici une description des points d’intérêts de la carte avec pour point de départ le métro Marcadet-Poissonnier:
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1 – Salle de sport Traëger, 1 cité Traëger
Fermant la rue Emile Chaine à l’Est, la salle de sport Traëger a été réalisé par la cabinet d’architecture Lankry. Elle s’élève en un bloc de verre sérigraphié d’une paire de jambes monumentales symbolisant l’activité du bâtiment, une photographie réalisée par le célèbre photographe Patrick Tosani qui replace l’homme au cœur de l’architecture.

2-Logements et ateliers d’artistes, Rue Emile Chaine et rue du Nord

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Réaménagées en 2010 sous la coordination de Patrick Célèste, ces deux rues piétonnes constituantes d’un tissu urbain très serré accueillent logements sociaux et ateliers d’artistes dans des architectures uniques mais formant un ensemble architectural contemporain cohérent. On retrouve ici une grande variation de matériaux, de formes et de couleurs sur des bâtiments à taille réduite, offrant une atmosphère de village, avec pour place de réunion un jardin central faisant communiquer les deux rues.

3-Immeuble à gradins, 4 rue Hermann Lachapelle et 13 rue des Amiraux

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Réalisé en 1909 par l’architecte Henri Sauvage, cet immeuble en pyramide combine des exigences esthétiques et techniques. En effet, il s’inscrit tout à fait dans le mouvement hygiéniste, à la recherche de logements sains, aérés et baignés de soleil, afin de lutter notamment contre le fléau de la tuberculose, une maladie respiratoire parmi les plus meurtrières. Ainsi, l’immeuble s’élabore tout en longueur (à la manière des sanatorium) et arbore une façade éclatante, puisque recouverte du célèbre carrelage blanc biseauté du métro parisien.

4- Logements, crèche et commerces, angle de la Rue des Poissonniers et de la rue René Clair

Pensés par le cabinet Nunc architectes et Jakub Jakubik, les bâtiments situés rue des Poissonniers accueillent 107 logements, une crèche et deux commerces. Réalisés en avril 2015, l’ensemble arbore une architecture contemporaine en proposant des façades planes qui alternent entre la sobriété de l’aluminium et la chaleur du bois.

4- Centre Robert Doisneau, 51 rue René Clair_DSC0166

Un exemple d’architecture contemporaine innovante et colorée dans un ré-aménagement urbain total. Ici, les architectes Serge Stromboni et Louis Soors ont conçu un bâtiment aux tonalités chaleureuses, à l’intérieur ensoleillé par les grandes baies vitrées et au toit végétalisé par un potager accessible aux résident.e.s.

5-Incubateur d’entreprises  Paris Région Innovation Nord Express, 46 rue René Clair

Une nouvelle réalisation contemporaine rue René Clair, cet incubateur d’entreprises a été conçu par Vincent Bertin, Philippe Fabre et Thierry Melot en 2011. Le bâtiment a pour fonction d’accompagner la création d’entreprises innovantes, et peut en accueillir une centaine. Ici s’opère un véritable jeu sur les formes et les couleurs, entre façades ajourées, vitrées et pleines, et revêtements blancs, jaunes et rouges ponctués d’éléments aux couleurs vives.


_DSC0331.JPG6-Logements et commerce, 87 rue des poissonniers
Cette étroite parcelle de terrain s’est vue accueillir en 2012 ce bâtiment réalisé par Arnaud Descombes et Cécile Thieulin. Respectant l’alignement et la hauteur des autres constructions de la rue, le bâtiment bien qu’arborant une architecture contemporaine à la façade ornée de motifs végétaux, s’intègre tout à fait dans son environnement.

_DSC01627-Logements, 51 rue des poissonniers

Réalisé en 2010 par le cabinet In Space, cet immeuble s’inscrit dans la continuité des bâtiments mitoyens en adoptant une architecture sobre mais moderne. Les briquettes blanches illuminent la façade tandis que le portail en tôle perforée permet de révéler le vert acidulé de la cage d’escalier, apportant ainsi une touche de couleur.

8-Crèche Pierre Budin, 15 rue Pierre Budin

La crèche Pierre Budin est une réalisation d’Emmanuel Combarel et de Dominique Marrec de 2012. Elle se caractérise par sa façade ondulée en béton sur laquelle des jeux de lumière se forment tout au long de la journée. S’élaborant sur deux niveau, elle se présente comme un cocon protecteur au sein duquel une cour intérieure accueille les enfants. Sur le toit, le long des murs, des végétaux ornent le bâtiment d’une toison verte.

_DSC0411.JPG9- Logements et commerce, 72-74 rue Doudeauville

Cet immeuble de logement conçu par Stefania Stera en 2009 remplace le café “Le papillon” cité par Zola dans Nana en 1880 ou photographié par Doisneau vers 1950. Ici, la façade en béton strié est percée d’ouvertures aux gardes corps colorés. Des touches de couleur que l’on retrouve dans la végétation du toit, qui accueille des panneaux solaires en plus d’un jardin.

10-Rue Emile Duployé

La rue Emile Duployé est emblématique de ce mouvement de requalification des logements vétustes de la Goutte d’Or. Les bâtiments conçus par des architectes comme Eva Samuel ou XTU ont fait l’objet de travaux de 2002 à 2012. Les cinq projets ont ainsi individuellement repensé les lieux d’habitation, créant des espaces confortables, lumineux, végétalisés, respectueux de l’environnement, pour inaugurer une rue à l’architecture cohérente mais indépendante, contemporaine mais chaleureuse, à échelle humaine.


11- Marché de la Chapelle, 10 rue de l’Olive

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Ancien marché aux bestiaux, le marché de la Chapelle actuel a été réalisé en 1888 par Auguste-Joseph Magne, auteur de l’église Saint-Bernard de la Chapelle. Édifié dans un style Baltard, le bâtiment mêle le fer, la fonte et le verre en conjuguant dans son armature métallique un souci technique et esthétique. Inscrit aux monuments historiques et récemment rénové, il est ouvert du mardi au samedi 8h30-13h et 16h-19h30 et le dimanche 8h30-13h.


12- Basilique Sainte Jeanne D’arc, 18 rue de la Chapelle

L’abbé Margand est à l’initiative de cette basilique, qui s’engage en septembre 1914 à élever ce bâtiment si la capitale est épargnée par les allemands. Les troupes seront effectivement arrêtées lors de la bataille de la Marne. Ainsi, les travaux débutent sous l’égide de l’architecte Georges Closson en 1930, pour être interrompus et achevés en 1964. La basilique arbore un style néo-roman, et sa façade est surmontée de deux importantes tours de style médiéval.


Eugène Atget, St Denis de la Chapelle, R. de la Chapelle 96
Eugène Atget, St Denis de la Chapelle, R. de la Chapelle 96, 1903-1906. Source : Gallica, BNF.

13-Église Saint Denys de la chapelle, 16 rue de la Chapelle

Une des plus anciennes églises de la capitale (XIIIe siècle), bâtie dans un style gothique primitif. On raconte qu’en 1429, Jeanne d’Arc, la veille de son attaque vaine pour délivrer Paris, vint prier entre ses murs. L’église Saint Denys de la Chapelle a à de multiples reprises été endommagée mais a toujours été restaurée, expliquant son aspect hétéroclite.

Le photographe Eugène Atget a immortalisé la façade XVIIIe siècle de style classique dans sa répertorisation photographique de la ville de Paris.


_DSC036014-Logements, 12-14 rue jean Robert

 

Réalisé en 1885 par l’architecte A. Vaillant, cet immeuble accueillait une coopérative ouvrière au rez-de-chaussée, proposant aux adhérents une distribution alimentaire. La façade en brique rouge de Vaugirard se déploie sur six étages et joue sur les formes géométriques des fenêtres, entre rectangle, losange et arc de cercle, tandis qu’un bas relief à motifs végétaux orne la porte permettant d’accéder à la cour intérieure.


15-Institut des cultures de l’islam, 56 rue Stephenson

Réalisé en 2013 par les architectes Yves Lion et David Jolly, L’institut des cultures de l’Islam (ou ICI) est un centre d’art contemporain abritant espaces d’exposition, de formation, de conférence, de prière, un café et un hammam. La façade en acier inoxidable, visible depuis la rue Doudeauville et la rue Stephenson, arbore des moucharabieh vernaculaires des pays arabes, dispositifs de ventilation naturelle se présentant sous la forme de grilles esthétisées. N’hésitez pas à rentrer dans la structure pour découvrir les immenses lustres circulaires, les expositions temporaires et le hammam de mosaïques vertes.


16-Bâtiment Art nouveau, 66 rue stephenson_DSC0357

Un bâtiment tendant vers le style art nouveau, construit en 1905 par un certain H. Hanin. On retrouve une volonté de briser les angles pour préférer des arrondis et des courbes, et une esthétique végétale, notamment dans les ferronneries des garde-corps.


_DSC0377.JPG17-Église Saint-Bernard de la Chapelle, 11 rue Affre

 

Cette église catholique inscrite au titre des monuments historiques à été construite entre 1858 et 1861 par l’architecte Auguste-Joseph Magne. Elle arbore un style néogothique avec une façade plate, à laquelle a été rajouté un porche de style flamboyant. Ce lieu de culte a accueilli trois cent étrangers en situation irrégulière en 1996, puis une exposition collective en 2015 intitulée La route est là revient sur la situation des migrants provenant d’Afrique et d’Asie. L’édifice abrite des colonnes dont les chapiteaux sont ornées des visages du maire et de ses adjoints, prescripteurs du projet.

Horaires : Ouvert du mardi au samedi de 14h30 à 19h, et le samedi et dimanche matin.



_DSC0039.JPG18-Bâtiment Art Nouveau, 3 rue Affre

Un remarquable bâtiment de style art nouveau dont l’architecte est méconnu. Autrefois, le rez-de-chaussée de cet immeuble abritaient des bains publics.


_DSC0035.JPG19- Logements et commerces, 22 rue de Jessaint

Cet immeuble de 10 logements a été réalisé en 2012 par l’architecte Laurent Niget. Jouant sur la profondeur et le volume, il s’intègre dans le paysage urbain en proposant des façades prolongeant la toiture haussmannienne en zinc, dans un style résolument contemporain.  Sur son toit, des terrasses plantées, et à ses pieds, une boutique de décoration intérieure.


20 et 20bis-Bibliothèque Goutte d’or et Centre Musical Fleury Goutte d’Or Barbara, 2-4 rue Fleury

Ouverte au public en 1999, la bibliothèque est une œuvre du cabinet Constantini-Rejimbal, architectes qui ont contribué à la réalisation du Stade de France. Sur quatre étages, le bâtiment massif joue entre pleins et vides, façades opaques et baies vitrées traversantes pour proposer des espaces de lecture lumineux et modernes.

Inauguré en 2008, le centre FGO à l’architecture si particulière a été de nouveau dessiné par le cabinet Costantini-Regembal en écho à la bibliothèque Goutte d’Or réalisée dix ans auparavant. Le centre accueille des salles d’exposition, de concerts et de danse dans un ensemble au volume compact, mais allégé par les baies vitrées. Les pleins répondent aux vides de la bibliothèque, et inversement, pour créer un ensemble architectural se répondant de part et d’autre de la rue piétonne Fleury.

_DSC013221- Bâtiment style Louis Philippe, 47 rue de la Goutte d’Or

Le bâtiment faisant l’angle de la rue de la Goutte d’Or et la rue Caplat a été réalisé vers 1848 par un architecte inconnu. Il s’agit pourtant d’un bel exemple du style Louis-Philippe, avec une façade plane aux fenêtres rehaussées de frontons et aux garde-corps ornés de ferronneries. L’immeuble était destiné à accueillir les dames des ingénieurs travaillant à la construction de la Gare du Nord, mais a bien vite attiré d’autres populations, notamment des artistes amateurs.


_DSC0079.JPG22- Résidence sociale, 32-34 rue Polonceau

Cet immeuble d’habitation réalisé par Hervé d’Aviau de Ternay remplace deux immeubles vétustes du XIXe. Achevé en 2014, le bâtiment souligne en sobriété l’angle des deux rues de sa façade taupe ponctuée de volets glissants en bois.


_DSC0073.JPG23-Logements et ateliers d’artistes, 11 rue Richomme

L’immeuble créé en 2007 par Ricardo Suanes, artiste plasticien et architecte, est exposé au Nord afin d’accueillir les activités artistiques dans les meilleures conditions. En effet, la lumière entrant par les baies vitrées des cinq ateliers se veut égale et sans soleil direct. Le mur longeant la rue Erchmann Chatrian a été conçu pour pouvoir accueillir une fresque supposée changer tous les deux mois, cependant celle de M.CHAT semble y avoir élu domicile.


24-Commerce au décors d’ancien cinéma, 34 boulevard Barbès

FRANCE. Paris. The Goutte d'Or. Shoe Store. 2011.
Martin Parr, FRANCE. Paris. The Goutte d’Or. Shoe Store, 2011. Source : Magnum Pro

Bien que peu attrayante depuis l’extérieur, n’hésitez pas à pousser la porte de la boutique de chaussures KATA pour découvrir l’histoire de ce lieu exceptionnel. Des rideaux rouges, un grand écran, un balcon surplombant les bacs de chaussures, des dorures habillant des colonnes ioniques, soyez les bienvenu.e.s au cinéma Barbès Palace ! Construit en 1914 par l’architecte Léon Garnier, ses 1200 sièges répondent de son succès immédiat. Il devient rapidement un des cinémas les plus fréquentés de Paris, avec son décor de théâtre italien, dans le même esprit que celui du Trianon. Pour autant, avec l’arrivée de la télévision dans les foyers, le cinéma est peu à peu déserté, jusqu’à la fermeture de ses portes en 1985. En 1988, le cinéma est racheté dans l’idée d’ouvrir un magasin de chaussures au décor incroyable et resté intact.


_DSC011325-Grands magasins Dufayel, 7 boulevard Barbès

En 1856 ouvrent les magasins Dufayel, des bâtiments monumentaux occupant l’ilot urbain entier destinés à la vente de mobilier et équipements de la maison, mais accueillant également théâtre, salons, cinématographes, galeries d’exposition ou encore serre tropicale. L’ensemble architectural a été conçu par Gustave Rives et Alfred et Stephan Bègue, les ornementations par les sculpteurs Jules Dalou et Alexandre Falguière. Aux quatre coins des rues s’élevaient des dômes dont un était surmonté d’un phare éclairant la ville. La célébrité du Palais était telle qu’il était considéré comme un monument par les touristes de la belle-époque. L’établissement ferme en 1930, et accueille par la suite la Banque Nationale de Paris.


_DSC010426-Le Louxor, 170 boulevard de Magenta

Le Louxor est un célèbre cinéma dont l’architecture Art déco influencée par l’Egypte Antique ne le fait pas passer inaperçu parmi les immeubles haussmannien. Edifié par Henri Zipcy, le bâtiment arbore sur ses façades des mosaïques réalisées par la maison Gentil et Bourdet, et sur ses murs intérieurs, des peintures et bas-reliefs d’Amédée Tiberti. Inauguré en 1921, il accueille plus de 1000 places, et projette bien vite de futurs classiques du cinéma.

En 1930, l’egyptomanie n’est plus à la mode, et la façade se voit revêtir un décor néo-grec. Avec l’arrivée de la télévision dans tous les foyers, la fréquentation du cinéma chute si bien que le Louxor ferme et est racheté par Tati dans les années 1980. Par chance, la façade et la toiture du bâtiment ont été précédemment inscrits à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

Bien vite, le groupe Tati renonce à son projet d’occupation des lieux, et le Louxor dépéri jusqu’en 2003, année où la ville en devient propriétaire. En 2010, un projet de réhabilitation est entrepris sous l’égide de l’architecte Philippe Pumain, commence alors un travail minutieux afin de restituer les décors des années 1920 et réhabiliter les structures intérieures. En 2013, le Louxor retrouve son faste d’antan.

 

Cette balade était un tour non exhaustif de l’architecture de la Goutte d’Or. N’hésitez pas à jeter un coup d’œil sur nos autres itinéraires!

 

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